Review : CHROMEBOOK ASUS C523NA-A20033

Dans la vie de tous les jours et jusqu’il y a peu, je travaillais sur un MacBook Air. Élégant, fonctionnel… Sauf que :

  1. Je suis un geek, j’aime bien renouveler mon matos régulièrement
  2. Je n’ai plus d’iPhone depuis le 1er Janvier 2019 (si, si, ça compte)
  3. J’avais vraiment envie de quitter l’écosystème Apple pour retrouver celui de Google
  4. J’avoue être un Googler dans l’âme…

J’avais entendu dire au CES que les Chromebooks, ces laptops avec un OS léger made in Google et une compatibilité aux applications provenant du Play Store, s’étaient encore améliorés cette année. J’ai donc regardé de ce côté-ci.

Ma première expérience avec un Chromebook

Ma première expérience avec un Chromebook n’est pas un bon souvenir. C’était en 2014 et j’avais opté pour un Asus C300MA :

Alors déjà, il y avait la résolution (et c’est malheureusement le cas sur de nombreux Chromebook encore aujourd’hui) : 1366×768. Sur un écran mate, autant vous dire que ça n’était pas la joie. A cette époque, l’appareil n’est pas encore compatible avec les applications du Play Store ni avec les PWA (Progressive Web App). On a donc un OS qui se résume à… Chrome, le navigateur. Mais avec 4 Go de RAM, même juste un navigateur finit par ramer…

Alors oui, on arrivait à faire pas mal de choses en installant des extensions comme des terminaux web-based, des pseudo-applications basées JS, mais ça n’était que les prémices et ça n’était donc vraiment pas stable. Inutile alors de penser développer sous un Chromebook, jouer ou faire de la retouche d’images.

Autre caractéristique qu’il est bon de souligner, le système de fichier. A l’époque, le Chromebook ne comportait pas de réel système de fichier et vous forçait à stocker toutes vos données sur le Drive. Même si on est Googler dans l’âme, il y a des choses qu’on veut garder en local. On ne pouvait pas créer de dossiers sur le disque ailleurs que dans le dossier Téléchargement: pas très pratique pour créer son arborescence.

Review hardware

Ce Chromebook dispose des caractéristiques suivantes:

Tout ça pour un poids d’1,4 kg. L’OS (je reviens dessus dans le chapitre suivant) est fluide, les applications également, ce Chromebook est donc réellement ergonomique et fonctionnel.

Spoiler alert: je travaille dessus sans aucun autre ordinateur depuis 15 jours maintenant, et je valide ! 🙂

ChromeOS en 2019

Désolé d’avance, ça va être long et plein de captures d’écran, mais ça ne serait pas une review si ça n’était pas le cas 😉

L’interface

L’interface reste sobre, une barre des tâches avec les applications, ouvertes ou ancrées au dock, ainsi que le menu:

Des efforts ont d’ailleurs été faits sur ce dernier, qui ressemble vraiment à un menu d’applications moderne :

La zone de notification/paramétrage a elle aussi reçu un lifting, comme vous pouvez le voir ci-dessous:

On y retrouve les infos essentielles (Wifi, bluetooth, son, luminosité..) et un mode « Ne pas déranger » qui bloque les notifications pour permettre de se focus sur son travail. Egalement la possibilité de choisir le périphérique son (entrée comme sortie) ainsi que la traditionnelle fonctionnalité Déconnexion.

Interface donc épurée mais très fonctionnelle.

Il est à noter que Google a implémenté quelques applications dites « hors-ligne », non connectées à aucun service (Google ou autre) qui manquaient cruellement à l’OS, comme un éditeur de texte basique. Fonctionnalité pourtant simple et obvious mais oubliée jusqu’alors.

Les applications

Comme dit plus haut, le Chromebook supporte maintenant nativement les applications Android, et ça va même un peu plus loin. En premier lieu, le Play Store, point d’entrée:

Il est similaire à celui que l’on retrouve sur son smartphone, hormis que l’on peut dimensionner la fenêtre à son goût. L’installation d’applications fonctionne également de la même manière, et celles-ci se retrouvent dans le menu d’applications présenté plus haut.

Il va de soi que cette fonctionnalité à elle seule élargit les possibilités du Chromebook de façon exponentielle.

Détail important, les plus vieux utilisateurs de Chromebook en conviendront : il est maintenant possible de redéfinir la taille d’une application installée depuis le Play Store, contrairement aux anciens modèles où l’application ne pouvait avoir que deux tailles : agrandie ou taille smartphone. Cela n’était alors pas très pratique.

Toutes ces applications permettent donc de façon efficace les tâches quotidiennes.

Messages, un bel effort de Google

En tant qu’ancien utilisateur d’Apple et de MacBook, quelque chose que je fais très souvent depuis mon ordinateur est d’envoyer des SMS. Google a mis à disposition en début d’année une interface web à Messages, permettant cela.

Sur les Chromebook récents, cela va un peu plus loin puisqu’on dispose d’une réelle app installée depuis le Play Store et totalement intégrée à l’OS et notamment à son système de notifications:

L’envoi et la réception de SMS/MMS depuis son Chromebook devient un plaisir.

Et la cerise sur le gâteau, Linux

Préambule : notez bien que cette fonctionnalité est encore en bêta.

Les derniers Chromebook embarquent une « fonctionnalité Linux ». Il s’agit juste de la meilleure idée que Google ait eu pour son Chromebook. En activant cette fonctionnalité, vous activez une console, un véritable terminal Linux. Il s’agit d’un conteneur, mais extraordinairement intégré.

Une fois ce terminal activé, vous vous retrouvez dans un système Debian Stretch. Vous pouvez alors profiter des milliers d’applications Linux proposées par les repository de la communauté, sans compter les classiques ssh, dig, ping…

Il est à noter deux choses importantes, qui font que cette fonctionnalité est géniale.

1: Ce conteneur reprend tous les paramètres network de la machine, vous avez donc vraiment l’impression d’être sur votre Chromebook. Vous pouvez voir les voisins via « arp » par exemple.

2: Ce conteneur a un espace de fichier partagé en local avec votre ChromeOS, le dossier « Fichiers Linux » qui apparaît à la gauche de votre navigateur de fichiers. Vous pouvez donc créer des répertoires, travailler sur des fichiers récupérés du Net dans votre espace Linux et inversement (pensez notamment git, dans mon cas).

  1. Oui, il y 3 point, j’ai menti : vous pouvez installer des applications graphiques sur le conteneur Linux, telles Gimp ou Filezilla, et vous y accéderez via le menu d’applications de l’OS. C’est totalement intégré et c’est magique.

Ces applications se retrouvent dans un dossier à part, et se lancent graphiquement sans aucun ralentissement. Elles travaillent avec l’arborescence de fichiers disponible dans « Fichiers Linux ».

Je travaille beaucoup avec Gimp par exemple, et je ne vois pas de différences d’avec mon utilisation sous un Mac ou un Linux. Stable, fluide, fonctionnel. Un autre exemple alléchant dont je me sers régulièrement, j’ai installé ansible dans ce conteneur et je lance mes runs depuis mon Chromebook comme je le faisais avec mon Mac 😉

Vous pouvez mettre toutes vos applications Linux à jours via un « apt update && apt upgrade ». Et je peux vous dire que cette fonctionnalité Linux, une fois qu’on y a goûté, on ne la quitte plus.

Conclusion

J’utilise ce Chromebook tous les jours, tout le temps et je ne perçois pas de limites. Il n’y a pas de choses que je voudrais faire pour lesquelles je devrais me tordre le cerveau en 4 ou trouver une solution potable. Google a fait de gros progrès sur ChromeOS.

J’ai maintenant hâte de voir si Fuchsia fera mieux en terme d’OS unifié 🙂